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“C’est vrai, mon nom, il marque une différence. Et ça, j’aime bien. Quand je pense à mon nom dans le rap, je me dis que l’habit ne fait pas le moine. Les gens, ils vont voir Rémy, 93, Auber, cité, ils vont se dire que ça colle pas, que c’est un mytho et puis ils vont appuyer sur le bouton et là… Ils vont voir que ça ment pas (rires).”

 

Rémy a vingt ans à peine. Il rappe la vie, celle qui respire encore, malgré la galère, le béton cannibale, l’horizon saturé. Il rappe le passé, aujourd’hui et demain, sa maman et la rue, les paradoxes et les espoirs. Il rappe moins pour briller que pour s’élever. Il n’est pas là pour valider les raccourcis trompeurs qui dessinent depuis trente ans un ghetto autant géographique, physique que mental. Il est là pour raconter l’existence d’un jeune de France qui sait, depuis longtemps déjà, que l’homme vit et meurt seul et que le destin ne fait pas de prisonnier, qu’il faut le saisir sans jamais lâcher.

 

Son premier album, chez Def Jam, “C’est Rémy”, rien n’est figé, tout est possible, les couleurs se mêlent, on passe de la mélancolie à la colère, du soleil à la grisaille, de l’intérieur à l’extérieur. On vit et on avance, coûte que coûte. Sans jamais juger ni oublier. Rémy n’ignore pas que l’espoir est cette chose fragile, capricieuse et il écrit, seul, dans sa chambre, pour grandir, comprendre, avancer, oui. De sa fenêtre, il voit le monde. Celui qui existe et celui qu’il devine, au fond de ses entrailles.

 

Son flow est limpide, précis, il dégaine des images saisissantes, des instants de vie où les sentiments ne trichent jamais. Il rappe presque plus comme un Américain, il a compris la force des mots quand ils sont choisis avec le coeur et les tripes. Il ne faut pas lui dire qu’il sonne à l’ancienne, même si c’est un compliment. Il ne veut pas être étiqueté. Il a raison.

 

Quand on lui demande comment il définirait son style, Rémy évoque avant tout la mélancolie et c’est une certitude qu’il n’en manque pas. Et puis, il n’y a pas que ça. Ambiance, old school, ego trip, été et hiver, amour et rage, Rémy brasse large sans jamais se perdre. Surtout, il dégage une force presque viscérale. Chaque mot fait mouche parce que chaque mot, ici, a été choisi consciemment, ardemment. Rémy n’oubliant jamais de croiser forme et fond, surface et profondeur. C’est Rémy et c’est brûlant.

© Festival du Social et du Culturel - 2016-2019 par FORGUES Florian

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